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Mercredi 08 Novembre 2006

Un phénomène quasiment tabou dans notre pays

Enquête sur les erreurs médicales

Par :Wahiba Labrèche 
 JOURNAL LIBERTE LE 08.11.2006

 

 

 

 

En l’absence de statistiques officielles, des milliers de plaintes pour erreurs médicales sont déposées chaque année, seule une centaine a été jugée recevable par le Conseil de déontologie. Les erreurs sont plus fréquentes dans les services de gynécologie, de chirurgie et de réanimation. Le principe de déontologie médicale qui veut que
“le médecin a obligation de moyens et non de résultat” trouve tout son sens en Algérie avec un système de santé qui a du mal à satisfaire une demande toujours croissante.

 

 

 

 

 Si nos médecins réussissent des exploits, en revanche beaucoup d’erreurs, pour ne pas dire de fautes, sont commises. Où commence et où se termine la responsabilité médicale ? Quels sont les droits du malade et à quelle prise en charge peut-il prétendre ? Car dans les établissements, publics et privés, un silence total entoure les fautes commises. À l’heure de la réforme hospitalière, les erreurs médicales sont toujours un sujet tabou en Algérie.
  C’est depuis le centre hospitalier de Hussein Dey, ex-Parnet, que le premier cri de détresse nous est parvenu. Une lettre adressée au procureur de la république de la circonscription de Hussein-Dey, en date du 30 octobre, demandant l’ouverture d’une enquête suite à une “négligence” qui a failli coûter la vie à Mme B. Meriem.
Dans sa missive, la jeune parturiente, âgée de 21 ans, dénonce une “négligence et non-assistance à personne en danger”.
Contactée à cet effet, la famille de la plaignante soutient cette requête et demande que réparation soit faite. “Ma nièce a été admise au service gynécologie samedi  soir. À 5h30 du matin, elle nous appelle pour nous informer qu’elle était sortie de la salle de travail et que son accouchement s’était passé dans les meilleures conditions”.  Deux heures plus tard, Meriem rappelle sa famille. “Elle était en pleurs et disait qu’il y avait du sang partout. J’accours à l’hôpital pour l’aider à faire sa toilette et lui changer de vêtements et de draps. Je pensais que c’était normal pour une femme qui venait d’accoucher. Je l’ai quittée aux environs de
8h pour rejoindre mon travail”, dira la tante de Meriem.
Mais la jeune maman n’est pas au bout de ses peines. L’hémorragie continue et elle sera conduite au bloc à deux reprises. “Il n’y avait personne pour s’occuper d’elle, elle est restée sans aucune assistance. C’est une autre patiente qui partageait sa chambre qui a alerté les médecins. Elle est alors conduite au bloc une première fois et une deuxième fois suite à l’intervention du professeur chef de service”, poursuit notre interlocutrice, qui précisera que sa nièce sera admise le lendemain au service de réanimation. Elle y passera trois jours.
S’agit-il réellement de négligence ou simplement de complications survenues après l’accouchement ? L’affaire est désormais entre les mains de la justice. Mais les témoignages qui concernent les cas de négligence ou d’erreurs ne manquent pas. Le calvaire de Meriem dans cette grande structure hospitalière d’Alger n’est pas un cas isolé. Vendredi 20 octobre, M. B. Zouina, 73 ans, est évacuée en urgence au CHU Bab El-Oued. Elle souffre de douleurs abdominales et de vomissements. Le médecin diagnostique une gastrite et prescrit une injection de Ranitidine. Son fils, qui est dans le domaine médical, demande une échographie abdominale. “Le médecin m’a tout simplement dit qu’il s’agissait d’une gastrite et qu’une échographie était inutile. J’ai tout de même insisté pour faire l’échographie à titre externe”, dira le fils de la malade.
Samedi 21 octobre, Mme Zouina fait son échographie et le radiologue constate une occlusion au niveau de l’abdomen. Il recommande le transfert de la patiente aux urgences chirurgicales. “Je reconduis ma mère au CHU Bab El-Oued, au service des urgences chirurgicales. Là encore, le médecin en service pense à une gastrite. Je demande à une assistante de la chirurgie de faire une consultation. Elle refuse et me demande de déplacer ma mère au service où elle travaille, mais qui  malheureusement se trouve au deuxième étage. Malgré tout, je monte les deux étages sans aucune assistance avec ma mère clouée à sa chaise, déshydratée et pratiquement inconsciente. Tout cela va durer de 9h du matin jusqu’à 17h. N’en pouvant plus, je conduis ma mère à l’hôpital Birtraria. Une autre résidente, qui a procédé à une énième consultation, me dit qu’elle ne peut rien faire et que les explorations doivent être faites à titre externe”.
Le soir même, la vieille dame est évacuée à l’Hôpital central de l’armée à Aïn Naâdja, où toutes les explorations seront faites et où elle sera déshydratée durant la nuit.
Dimanche 22 octobre, aux premières heures, elle sera opérée pour “occlusion intestinale aiguë et ovaire infecté”. “Ma mère a eu la chance d’avoir un fils militaire et, par conséquent, peut bénéficier d’une prise en charge médicale de qualité. Sans laquelle elle n’aurait pu s’en sortir. Elle a souffert le martyre et a failli y passer à cause de la négligence de nos médecins”.
Des victimes de la mauvaise prise en charge médicale, il y en a beaucoup ; le cas de cette vieille dame de Batna qui, à 71 ans, traîne un gonflement du bras depuis 5 années suite à une ablation du sein. Chaque jour des affaires du genre défraient la chronique. La plus récente peut-être est celle rapportée par un confrère, dont la victime, le jeune Idir Nabil, âgé d’une vingtaine d’années, admis en 2004 à hôpital Khelil-Amrane de Béjaïa pour une simple fracture du fémur, suite à un accident de la circulation, et qui décédera cinq jours plus tard dans des “circonstances énigmatiques”. Si les familles de Meriem et de Nabil ont eu le courage de porter l’affaire devant la justice, en revanche beaucoup de parents n’osent pas le faire.

 

 

 

 

 

 

Ignorance, fatalisme et absence de preuves… que faire ?
Si dans le passé, l’Algérien ne connaissait pas ses droits et se contentait de subir l’indifférence et la négligence de certains médecins et paramédicaux, les choses ont relativement évolué aujourd’hui. Les gens ont de plus en plus recours à la justice lorsqu’ils soupçonnent une erreur ou une négligence. “Contrairement à ce qu’on voyait dans le passé, on constate une véritable prise de conscience chez les Algériens. Beaucoup de familles, lorsqu’elles soupçonnent une négligence ou une mort suspecte, n’hésitent pas à déposer une plainte. Des milliers de plaintes sont ainsi enregistrées chaque année à travers tout le territoire”, souligne le professeur Laïdli, chef de service de médecine légale au CHU de Bab El-Oued.
Malgré cette prise de conscience, l’Algérien est loin de connaître ses droits et de demander par conséquent réparation, contrairement à ce qui se fait ailleurs.
“Il y a trois ans de cela, mon fils a été victime d’une grave négligence médicale. Il souffrait d’une fracture qui a été mal prise en charge. L’indifférence et les avis contradictoires de nos médecins nous ont contraints à le transférer en France. Je n’oublierai jamais le mépris auquel j’ai été confrontée. Nous sommes obligés, à ce jour, de le prendre pour le contrôle avec tout ce que cela implique comme moyens financiers”, confie la maman de Adlane.
Si la maman est convaincue qu’il s’agissait de négligence, elle n’a à ce jour intenté aucune procédure au niveau de la justice. “Pour mener une action en justice, il faut avoir une preuve, pensez-vous que je pouvais me procurer cette preuve? Et puis, à l’époque, l’urgence, c’était de réduire le risque que courait mon fils et qu’il puisse s’en sortir sans grande infirmité”, poursuit la maman qui, tout en reconnaissant les efforts consentis par notre corps médical et paramédical, n’a pas manqué de souligner son indignation quant à la prise en charge, surtout au niveau psychologique, dans nos établissements hospitaliers.
“Il y a beaucoup d’erreurs qui sont commises dans le silence le plus absolu et qu’on n’ose même pas reconnaître. Les familles des victimes, souvent de niveau d’instruction et social modeste, ont peur de revendiquer ou de dénoncer. Ils préfèrent s’en remettre à la volonté divine et au mektoub”, déplore un surveillant médical. Notre interlocuteur, qui exerce depuis presque une trentaine d’années dans un grand hôpital de la capitale, ne manque pas de s’indigner du laxisme qui s’est propagé parmi le corps médical et la négligence du personnel paramédical, une culture nouvelle qui s’est développée au cours des dernières années. “Avant, les gens étaient dévoués, ils s’investissaient réellement dans leur travail, même si le manque de moyens était flagrant. Aujourd’hui les choses ont changé, les médecins sont moins disponibles, moins attentionnés et surtout moins motivés. Si le médecin en consultation est absent, on préfère reporter tous les rendez-vous, sans se soucier de la santé des malades. Il m’arrive de supplier un médecin pour prendre en charge un patient, afin d’éviter à ce dernier un autre déplacement. Il y a de plus en plus d’erreurs aussi parce que des internes se retrouvent à faire le travail des résidents ; ne sachant quoi faire ils se contentent de faire des évacuations”.
Ne niant pas l’existence d’erreurs médicales, le professeur Laïdli minimise toutefois leur ampleur et affirme que tous les cas qu’il a eu à traiter relèvent essentiellement du civil et jamais du pénal. “L’erreur médicale dans notre pays est un sujet tabou, il est aussi très difficile de prouver cette erreur. Sur les milliers d’affaires qui arrivent au niveau de la justice, peu d’entre elles concluent à une faute médicale.”
Notre législation, qui garantit le droit au recours à la justice en cas de préjudice, ne garantit, malheureusement, pas l’aboutissement de la procédure judiciaire, cette dernière étant étroitement liée à la présence de preuves matérielles, qui sont généralement portées sur les dossiers médicaux des patients, auxquels seul le personnel en service a accès.

 

 

 

 

 

 

Les services de gynécologie, de chirurgie et de réanimation les plus concernés
En dépit de l’absence de statistiques, de données et d’études sur l’erreur médicale dans nos établissements hospitaliers, publics et privés, il est néanmoins facile de cerner les services où les erreurs médicales sont les plus dénombrées. “Le plus grand nombre d’erreurs que j’ai eu à traiter dans le cadre de l’expertise médicale relève du domaine de la gynécologie obstétrique et de la chirurgie”, soulève le professeur Laïdli. Le responsable du service de médecine légale du CHU Bab El-Oued souligne également que le plus grand nombre d’erreurs émane du secteur privé. Dans le privé comme dans le public, ce sont les mêmes services qui sont concernés. “Au niveau de notre hôpital, le plus grand nombre d’incidents est enregistré dans les services de gynécologie, de réanimation et de chirurgie. Concernant la gynécologie, le problème se pose pour les grossesses qui nécessitent des césariennes et où la décision est souvent prise en retard. Je peux parler d’un cas que nous avons reçu il n’y a pas longtemps. Une maman avait un gros bébé et, par conséquent, il fallait procéder à une césarienne. Mais la sage-femme a préféré attendre et la parturiente a accouché par forceps. Malheureusement, le bébé est décédé quelques jours après”, confie le surveillant médical. Il soulignera par la même occasion la gravité de la situation que vivent particulièrement les services de gynécologie, où le nombre d’accouchements quotidiens dépasse la trentaine dans certaines structures hospitalières. “Comment peut-on imaginer que des infections nosocomiales ne se développent pas dans nos services quand le nombre d’accouchées est le double de ce que peut accueillir le service ?”
Infections nosocomiales, complications à l’accouchement, grossesses à risque… sont autant de causes évoquées dans les cas de décès de bébés et où il est pratiquement impossible de prouver l’erreur médicale. Si les services de gynécologie tiennent la tête du hit-parade d’erreurs médicales, les services de chirurgie arrivent en deuxième position.

 

 

 

 

 

 

Esprit de corporation…  à quel prix ?
“Sur toutes les affaires que j’ai eu à traiter, celles relevant du pénal sont pratiquement inexistantes”, affirme le professeur Laïdli. Le même constat est fait par les docteurs Abane et Bekkat, respectivement présidents de l’ordre des chirurgiens-dentistes et des médecins.
On pourrait presque se réjouir de ce constat, mais comment expliquer aux parents du jeune Nabil que l’on puisse mourir d’une fracture ? Comment expliquer que les morts en série de bébés sont toujours dues à des infections nosocomiales ? Comment justifier qu’une gastrite dégénère en l’espace de quelques heures et qu’on se fasse opérer pour occlusion intestinale aiguë ? Autant de questions auxquelles seuls les médecins peuvent répondre et devant lesquelles les familles restent sans le mot.
Mais admettre une erreur, c’est aussi admettre une responsabilité que les plus grands hôpitaux du monde fuient.
“On est tous responsables, même s’il est difficile d’admettre une erreur quand il s’agit de la vie des gens. Généralement, les gens préfèrent se taire, un professeur juge qu’il est de son devoir de protéger ses médecins et c’est compréhensible. Mais il est inadmissible de couvrir des médecins qui récidivent dans l’erreur”, dira le surveillant médical. Notre interlocuteur souligne particulièrement les problèmes liés à la formation durant laquelle les médecins en internat sont livrés à eux-mêmes. Une formation solide, c’est aussi le point de départ pour une bonne médecine, insiste le professeur Laïdli. “Dans notre service, nous recevons des étudiants auxquels nous dispensons une formation de trois semaines en médecine légale et de la responsabilité qui découle de l’acte médical”. Dans différentes structures hospitalières, la même question revient parmi le personnel paramédical. “Pourquoi couvrir les médecins et pas les infirmiers ? Pourtant les erreurs des médecins ont des conséquences plus graves.”
Si le personnel paramédical dénonce l’indulgence des responsables de service à l’égard des médecins, ces derniers s’interrogent sur le contrôle auquel sont soumises les cliniques privées. “C’est bien de parler des erreurs médicales dans le milieu hospitalier, mais il faut aussi voir du côté des cliniques privées. Récemment, nous avons été sollicités par une clinique pour l’emprunt d’une couveuse. Des évacuations, nous en recevons très souvent. Les gens paient cher pour se retrouver en cas de complications renvoyés vers les hôpitaux publics”, souligne un médecin.
Qu’il s’agisse de médecins ou d’infirmiers,  du secteur public ou de celui du privé, comment peut-on se taire lorsque des vies humaines sont en jeu ?
Si le manque de moyens est le premier problème dont souffrent nos établissements hospitaliers, qui ne disposent que de 73 dollars US par an et par habitant  (rapport de l’OMS, 2004), une véritable crise de confiance médecin-patient s’est bel et bien installée.

 

 

 

 

 

 

W. L.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeudi 12 Octobre 2006

URGENCES MÉDICALES

Les défaillances matérielles se multiplient

 

Une vieille dame de 72 ans , hospitalisée le 21 septembre dernier à l’hôpital de Bologhine (Baïnem), dans un état comateux, est décédée 9 jours après dans le service de réanimation sans même avoir fait de scanner. Celui-ci avait été demandé le jour de son hospitalisation par le médecin de service. Faute d’ambulance médicalisée pour la transférer au CHU de Bab El-Oued, la patiente n’a pu passer son scanner les jours suivants. Ni l’ambulance de l’hôpital, ni celle du Samu n’étaient équipées pour l’évacuer à Bab El-Oued. Sa famille est choquée par ces défaillances matérielles criardes pour la prise en charge des urgences médicales notamment pendant les week-ends.

 

 

 

PUDZO :  (ELAH YERHAMHA, et inchalah ca va changer un jour, en attendant GODDO, essayer de ne pas etre malade en Algérie)

 

 

publié par Liberté ( RADAR ) dans: Article de Presse
Mercredi 06 Septembre 2006

Pour avoir avalé de travers un débris d’os au cours d’un repas, Ahmed B., un père de famille de 58 ans, continue, quatre mois après, à prendre son mal en patience pour reprendre son train de vie normale. Reçu juste après l’incident par une structure hospitalière à Maâtkas, le patient est orienté, en raison du manque de matériel adéquat, vers le CHU Mustapha-Pacha d’Alger. Là aussi, il sera refoulé pour les mêmes raisons. C’est alors qu’il se rend à l’hôpital de Kouba. Ici, on lui prescrit un traitement… sans effet. Orienté d’un hôpital à un autre, ce patient mal en point, un retraité de force (avec une pension de 4 000 dinars), sollicite les âmes charitables pour une prise en charge à la mesure de son mal.

ELAH I3AOUNEK, T'es tombé dans le mauvais bled, meme le plus grand du pays, ne peux rien te faire

publié par LIBERTE -- RADAR-- dans: Article de Presse
Mercredi 30 Août 2006

HÔPITAL DE TAHER DE JIJEL Le cauchemar d’une émigrée

 

 

 

Une Algérienne résidant avec sa famille en Arabie Saoudite, venue en Algérie pour passer des vacances avec les siens dans la ville de Taher (Jijel), n’en revient pas après ce qu’elle a vécu à l’hôpital de cette localité.
Sa fille ayant été victime d’un malaise dans la nuit, elle a dû l’évacuer en urgence. Au lieu de s’occuper d’elle, cette dame a passé la nuit à faire la guerre aux cafards et aux rats. “C’était horrible ! À la tombée de la nuit obscure et paisible, je les voyais partout défiler en files interminables ; partout ils circulaient de long en large, de haut en bas, dans les couloirs, les douches, les toilettes”, raconte cette dame qui ne cache pas son dépit “pour l’Algérie que nous aimons”.
Cependant la dame en question n’a pas tari d’éloges à l’endroit du personnel médical “pour sa conscience professionnelle et son habileté”.

 

Donc si je comprend bien, ni les medecins de cette hopital qui sont d’un certain niveau ni aucun administrateur n’a osé prendre des mesures draconienne contre ses maudits caffart et autre créature  

 

publié par Rubrique RADAR "LIBERTE" dans: Article de Presse
Mercredi 23 Août 2006

Les CHU d’Alger assurent, désormais, tout ce qui est hôtellerie pour les malades hospitalisés, les parents étant invités à ne rien ramener lors des visites.

 

Qu’en est-il de l’application de la décision du ministre de la Santé, Amar Tou, portant sur l’interdiction de l’introduction de toute nourriture ou literie dans les hôpitaux algériens à partir du 30 juin dernier ? Selon ce que nous avons constaté, la mesure est appliquée déjà dans tous les services rénovés, et elle sera ensuite généralisée au fur et à mesure de la réception des structures à réhabiliter. Il s’agit d’une mesure visant à diminuer les cas de complications induites par des repas non diététiques introduits par des parents.
Mardi, 22 août 2006. Il est 12h. C’est le repas du déjeuner. Deux employées arrivent avec les cantines directement de la cuisine centrale. Le professeur Redjimi, chef du service cardiologie à l’hôpital Nafissa-Hamoud à Hussein-Dey, demande aux deux femmes de lui montrer le menu du jour. En entrée, les malades auront droit à des carottes et des betteraves râpées. En plat de résistance, ils auront, selon leur régime, un ragoût de carottes et des petits pois cassés avec de la viande, ou de la viande avec des poivrons grillés. “Vous voyez, nous ne vous attendions pas. Les repas apportés par la famille sont désormais interdits dans mon service et dans tout l’hôpital Nafissa-Hamoud”, déclare l’ex-ministre en tenue d’été car il était en réalité en train d’inspecter l’état d’avancement des travaux dans les autres ailes de son service. Pour le moment, seul le service hommes, où les travaux sont achevés, est opérationnel. Les patients se mettent à table aussitôt le repas servi. Bien entendu, tous ne semblent pas apprécier la qualité des repas servis. “Ce n’est pas comme les repas de chez moi. Mais que voulez-vous, je n’ai pas le choix”, se plaint un malade. “Justement un malade ne doit pas se fatiguer en mangeant. Dans certains cas, trop manger peut s’avérer fatal pour certains, notamment les cardiaques. Nous servons dans mon service des repas diététiques selon le régime de chaque cas. Laisser les parents introduire la nourriture aux malades, c’est faire courir un risque aux patients hospitalisés. Les parents introduisent, en effet, sans distinction des aliments nocifs car contenant du sel ou du sucre pour des malades qui ne doivent pas en consommer”, ajoute le professeur Redjimi. “Aucune nourriture ou literie provenant de l’extérieur n’est tolérée dans tout l’hôpital”, affirme le Dr Chabani.
À l’hôpital Mustapha-Pacha, ce sont les visiteurs qui se plaignent de la mesure leur interdisant d’introduire des aliments à leurs proches. “Que dira mon frère quand je viens le voir les mains vides ?” se plaint un visiteur qui a dissimulé des victuailles au fond d’un panier. “J’ai déposé au dessus de la marmite des effets vestimentaires pour pouvoir passer devant les gardiens”, explique-t-il. Au service de chirurgie générale A occupant un espace d’un autre service, à savoir la chirurgie B, quelques malades se reposent dans des lits déglingués. “Ce n’est que provisoire, il faut visiter notre service maintenant qu’il est rénové. Dans quelques jours, nous allons nous installer dans notre vrai service, et croyez-moi nous avons de quoi être fiers. Tous les équipements sont neufs. Ce service sera alors en chantier pour être rénové à son tour”, affirme un infirmier. Ce dernier n’oublie pas de rappeler que trois femmes viennent d’être recrutées pour s’occuper du seul volet hôtellerie. Au service pédiatrie, les enfants malades n’oublient pas leur passe-temps favori : le jeu. À notre arrivée, plusieurs d’entre eux sont en train de jouer dans leurs chambres ou de courir dans les couloirs. Là aussi les lits sont en piteux état, mais nous a-t-on affirmé, “ce service sera bientôt retapé lui aussi”. Eu égard à la spécificité de ce service, la nourriture venant de l’extérieur est tolérée lorsqu’elle est destinée aux mamans accompagnant leurs enfants. Quant aux draps, seuls ceux de l’hôpital sont autorisés. Nous croisons à la sortie du service de chirurgie générale à l’hôpital Maillot de Bab El-Oued un citoyen portant à bout de bras plusieurs sacs. “Je viens pour faire sortir mon père. Ce sont là ses effets vestimentaires et ses affaires personnelles. Les parents ne sont plus autorisés à introduire de la nourriture dans ce service”, explique-t-il. La mesure semble respectée dans ces trois hôpitaux ; pourtant les parents estiment qu’il s’agit là d’une décision qui n’arrangerait pas les patients. Ces derniers affirment manger à leur faim, quand bien même la qualité gastronomique laisserait à désirer
publié par Article J-Liberté par S.I le 23.08.2006 dans: Article de Presse
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